Le programme du séjour devait concilier le tourisme,
les sciences et la découverte de la nature.
Aussitôt après le déjeuner, rendez-vous à l’Hôtel
de ville, point de départ de la visite de Vannes, qui
s’est déroulée dans un ordre inhabituel.
Les origines anciennes de Vannes la rattachent à
un passé lointain : cité des Vénètes, ville galloromaine,
siège de l’évêque, elle devenait au Moyen
Age, une résidence des ducs de Bretagne du XIIIe
au milieu du XVe siècles. Les périodes de construction
et d’embellissement alternaient avec celles de
destruction qui correspondaient à l’occupation
étrangère (anglaise, espagnole).
Vannes a vu en ses murs, en 1532, le rattachement
de la Bretagne à la France. Devenue française, la
ville a accueilli, en 1675, le Parlement de Bretagne
chassé de Rennes pour son manque de docilité vis-à-
vis du roi.
Les biens du clergé qui entouraient la ville ont été
confisqués pendant la Révolution. Ces mesures ont
favorisé l’urbanisme et permis d’entreprendre des
réalisations architecturales comme la Préfecture et
l’Hôtel de ville inaugurés respectivement en 1865 et
en 1886, tout en conservant l’intra-muros.
L’hôtel de ville construit en pierre blanche dans le
style néo-Renaissance, très en vogue à l’époque, est
un bâtiment de prestige voulu par les élus à la fin
du XIXe siècle. L’intérieur est aussi beau que la
façade que l’on a comparée à celle de l’hôtel de
ville de Paris.
L’escalier d’honneur en marbre jaune d’Echaillon
est éclairé par un très grand vitrail représentant le
mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII
qui eut lieu à Langeais, le 6 décembre1491. Ce
vitrail est l’œuvre de Champigneulles qui a obtenu
le grand prix du Concours international de Paris,
en 1885. Avant d’accéder aux principales salles,
libérées en début d’après-midi, nous avons pu
admirer les décorations du plafond et les
mosaïques du couloir du premier étage. C’est une
réalisation ambitieuse marquée par le choix de
matériaux de qualité, voire luxueux.
Ce n’est qu’en 1905 que la statue équestre, en
bronze, du connétable Arthur de Richemont,
œuvre du sculpteur Leduc, fut installée sur la place
de l’hôtel de ville.
Cette visite a été possible grâce à l’obligeance de
M. Goulard, député-maire de la ville.
En nous rendant à la cathédrale, nous avons pu
voir les vestiges du mur d’enceinte du vieux
Vannes, des maisons des XVe et XVIe siècles “à
colombages” ou “à pans de bois”. Le rez-de-chaussée
est en pierre et s’ouvre sur la rue avec étal et
fenêtres, les façades à encorbellement présentent
souvent deux étages, chaque étage s’avançant par
rapport au précédent.
La cathédrale est vraiment le fruit de réalisations successives.
Reconstruite au XIe siècle, les Plantagenêt la
dotaient d’un chœur roman, démoli au XVIIIe siècle.
Puis l’apport de dons, de 1480 à 1494, a permis la
construction de la nef et du porche dans un style
gothique flamboyant. C’est au XVIe que la chapelle
ronde de deux étages vint s’ajouter à l’édifice. Dans
cette rotonde Renaissance, d’inspiration italienne, ont
été rassemblés les souvenirs liés à saint Vincent Ferrier :
son tombeau, un reliquaire, une tapisserie de 1615.
La cathédrale abrite, dans ses cinq chapelles et ses
transepts, de nombreux tableaux du XIXe siècle
(huiles sur toile) imposants par leurs dimensions.
Ces œuvres sont classées à l’inventaire des monuments
historiques.
Si Vannes, ville ancienne, est chargée de plus de
2000 ans d’histoire, sa région recèle une richesse
archéologique de la période néolithique, entre
-3500 et -1800.
Le musée de Château-Gaillard présente, entre
autres, des collections archéologiques provenant
des grands sites de Carnac, Damgan et des îles.
Ce manoir appartenait à Jean de Malestroit,
évêque de Nantes (1417-1443). Il a été agrandi au
XVIe siècle après avoir servi au Parlement, au siècle
précédent. Actuellement, il abrite les collections
de la Société polymathique du Morbihan et un
important musée de préhistoire. Le produit des
fouilles présenté dans les vitrines date de périodes
s’échelonnant du paléolithique (-35000 à -12000)
à l’âge du fer (-600 à -56).
Toute la Bretagne connaît la pierre taillée. En effet,
des découvertes récentes ont mis en évidence, sur le
littoral et à l’intérieur du pays, des grès, des quartz
appointés sur les deux faces ou bifaces.
Au mésolithique (de -10.000 à -5000), des chasseurs
et pêcheurs utilisaient des outils en silex de
petite taille (microlithes) alors que, sur le continent,
leurs contemporains fabriquaient des pics ou
tranchets à partir des grès de St Congard.
Entre -3500 et -1800, la civilisation des mégalithes
dominait, laissant derrière elle menhirs, dolmens
et alignements. Les fouilles des tumulus de St
Michel et du Moustoir à Carnac, de Tuniac à
Arzon, de Locmariaquer, ont mis à jour de nombreux
éléments datant du néolithique (-5000 à
-2000) tels que les haches en jadéite poli de plusieurs
tailles, de nombreux pendeloques et colliers
en Callaïs de 32 à 98 grains. Toutes ces pierres
étaient disposées dans les dolmens, symboliquement,
suivant la direction sud-nord. Durant cette
période, s’opère une grande évolution dans l’utilisation
de la pierre, de l’argile et autres matériaux.
On trouve des anneaux, des disques rotatifs à bord
tranchant, des poignards en silex, des pendeloques
en schiste, un percuteur en dolérite, des récipients
en terre cuite, des céramiques aux formes diverses
et aux décors caractéristiques, permettant d’établir
la chronologie.
La sédentarisation a entraîné de profondes modifications
: pour subsister, la population pratiquait
la cueillette, la chasse, cultivait les lentilles, le blé,
les pois, l’orge, le lin. Pour réaliser ces cultures, elle
avait conçu des outils de défrichage, d’abattage des
arbres avec une hache munie d’un manche en
bois. Pour la chasse, ils utilisaient les flèches, les
poignards en silex. Etaient également fabriquées
des céramiques, des briques qui datent de -2500 à
-2000 ans.
A l’age de bronze (-2000 à -700), l’art guerrier se
perfectionnait, le poignard devenait épée, les
flèches étaient remplacées par les pointes de lance.
Les parures étaient constituées de bracelets, de colliers
finement ciselés, témoignant d’une grande
maîtrise dans le travail du métal. Par contre, les
nombreuses haches à douilles retrouvées dans des
régions éloignées les unes des autres, devaient servir
de monnaie d’échange (-700 à -600).
A l’exception de monnaies gauloises, d’éléments
de parure en bronze, de ciseaux, l’âge de fer (-600
à -56) a laissé peu de témoignages, les objets en fer
se sont rapidement dégradés dans le sol acide.
Cependant de nombreuses monnaies en or témoignent
de la présence des Celtes dans la région vannetaise
en l’an -500. Les pièces d’or 18 carats (7,8 g)
représentant au droit une tête humaine à chevelure
stylisée, au revers un cheval à tête humaine, étaient
utilisées par les Vénètes au 1er siècle avant J.-C.
Malgré leur réputation de bons marins guerriers, ils
se sont fait battre par les Romains. Ces derniers laissaient
dans toute la région des céramiques galloromaines,
des céramiques fumigées, de la vaisselle de
table parvenue d’ateliers italiens.
Promenade pédestre : A la sortie du musée archéologique,
nous avons quitté les rues pavées bordées de
maisons “à colombages” pour rejoindre la Porte
Prison ou Porte St Patern, du XVe siècle. Ensuite,
tout en longeant les jardins des remparts, nous pouvons
voir la Tour du Connétable ( XVe), la préfecture
et ses jardins, les lavoirs du XVIIIe siècle au bord
de la Marle et, enfin, le château de l’Hermine,
ancienne résidence des ducs de Bretagne démolie au
XVIIe, reconstruite au début du XIXe siècle. Il ne
faut pas oublier la porte St Vincent qui s’ouvre sur le
port de plaisance ainsi que les hôtels particuliers
construits lors de la venue des parlementaires de
Rennes, l’hôtel de Dondel, de Francheville… Que
de pages d’histoire à tourner…mais tout a une fin.
Et ce vent froid venant du nord ne nous a pas incité
à flâner dans les rues de la ville.
La réserve naturelle des marais de Séné est au
programme du 20 mars au matin. C’est à partir du
mois de mars que l’on voit arriver les oiseaux
migrateurs et le printemps reste le moment idéal
pour les découvrir sur ces 410 hectares protégés.
Les visiteurs sont accueillis dans une ancienne
porcherie où l’on peut voir les illustrations sur les
modes de vie des espèces d’oiseaux qui vivent dans
la région, et sur le parcours des migrateurs depuis
leur lieu d’hivernage jusqu’à celui de la reproduction.
Un film de quelques minutes retrace le travail
effectué pour valoriser cet espace naturel
constitué d’anciens marais salants, de prés salés et
de champs. Avec patience, les amoureux des
oiseaux reconstruisent les digues, refont le système
hydraulique, tracent un petit circuit de découverte
au milieu d’une végétation sauvage. Après avoir
répondu à nos questions, M. Jean David animateur,
nous conduit vers les observatoires qui surplombent
les étangs aux différents niveaux d’eau.
L’humidité ambiante réduit l’efficacité des longuesvues
mais l’œil averti de notre accompagnateur saisit
la moindre scène originale pour nous indiquer
où pointer le bout de la lorgnette : les barges à
queue noire, très laborieuses, qui font une pose
déjeuner sur la réserve avant de reprendre leur voyage
entre l’Afrique et la Sibérie ; le chevalier gambette,
l’aigrette blanche, l’échasse blanche, le bécasseau,
les tadornes au plumage coloré, les avocettes,
notamment un couple qui a voulu fêter le jour du
printemps par ses jeux de séduction, ses parades. De
tous les oiseaux visibles sur la réserve, les spatules
sont les plus rares. Leur passage à Séné a lieu de
février à mars lorsqu’elles font route vers les Pays-
Bas, et d’avril à octobre lors du voyage de retour
vers la Mauritanie, le Sénégal. La technique de
pêche de la spatule est particulière : tout en marchant,
elle agite la tête de gauche à droite et, avec
son long bec aplati, elle avale le poisson ou la crevette
qu’elle a capturé. Par contre, les avocettes
attrapent les vers en fauchant la surface de la vase
par les mouvements latéraux de leur bec. D’où la
nécessité de bien maîtriser le niveau de l’eau : moins
de 20 cm pour maintenir les conditions favorables
à l’alimentation et à la nidification des avocettes
dans les marais. Chaque espèce y retrouve son espace
en fonction de son mode de vie. A la fin de ce
spectacle en pleine nature, les amateurs de photos
animalières ont pu admirer une exposition consacrée
à “la pêche à poils et à plumes” , clichés où sont
pris sur le vif l’ours, le cormoran, la loutre…
Archimex est notre objectif de l’après-midi : situé
à Vannes, Archimex est un centre de recherche, de
formation et d’information dans le domaine des
biotechnologies, des procédés d’extraction et de
purification des produits naturels, au service des
industries agroalimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques,
et des équipementiers.
Créée en 1989, Archimex est une association à
directoire, sans but lucratif, régie par la loi 1901.
Après cette présentation de l’entreprise, M.
Mompon, le directeur, nous a parlé des missions
d’Archimex dont les plus importantes sont :
Marie-Thérèse Le Goff
retour