Notre Association a le plaisir d’offrir à ses lecteurs le présent numéro de notre publication consacré à la
recherche scientifique à Lyon. Ce n’est certes pas la première fois qu’une région prend en charge un
numéro : Grenoble (N° 37), le Nord Pas de Calais (N° 34), la Bretagne (N° 31) nous avaient apporté des
contributions originales et unanimement appréciées et nous poursuivrons la «régionalisation» de notre Revue en
demandant à d’autres délégations régionales et correspondants régionaux d’enrichir ainsi notre publication.

Ce numéro sur Lyon constitue une étape importante dans cette politique, avant tout parce que la délégation régionale
du CNRS s’y est totalement impliquée. Ce numéro si riche et si divers n’aurait pu voir le jour sans le très gros travail
mené par le Délégué Régional, Bruno ANDRAL et ses collaborateurs Jacques FONTÈS, responsable de la communication,
Amandine LHÉRITIER-CHABRAN, chargée d’études auprès du délégué, avec l’appui et les conseils
constants de Jacqueline BONNIFET qui fut elle-même Administrateur délégué à partir de 1972 puis Délégué régional
de 1989 à 1992. Ensemble, ils organisèrent de nombreuses séances de travail pour concevoir ce numéro, en dessiner
l’architecture, identifier les auteurs puis les inviter à participer à ce travail collectif. Ils ont signé eux-mêmes plusieurs
contributions importantes sur la science et le CNRS à Lyon, depuis cet observatoire central que constitue la
Délégation régionale. Notre Association et la rédaction de notre revue les remercient profondément de ce long et
lourd travail, qui représente aussi un bel exemple de coopération entre l’Association et les Délégations régionales de
notre maison. Nous saluons aussi le travail méticuleux des quelque cinquante auteurs qui se sont pliés à la discipline
imposée de « faire concis », tout en faisant d’une part le point sur l’état de leur discipline à l’attention de leurs pairs
et en s’efforçant d’autre part de faire partager une intelligence de leurs travaux à un public non spécialiste.
Lyon est le pôle de recherche le plus important en France après Paris. Ses points forts méritent cependant
d’être mieux connus, ainsi que leur histoire souvent longue et riche de noms célèbres et d’avancées scientifiques
importantes – la catalyse en chimie, le sommeil paradoxal dans les sciences cognitives, la très grande
puissance de calcul dans les sciences de l’univers, les recherches de pointe dans le traitement du cancer et l’infectiologie,
la forte collaboration inter-disciplinaire entre physiciens, spécialistes du traitement du signal et biologistes
en sciences de la vie, ou entre chimistes, physiciens et archéologues à la Maison de l’Orient, l’économie
des transports ou de la santé… Nous ne donnons que ces quelques exemples tirés d’un ensemble d’une
très grande richesse, où les chercheurs de chacun des départements scientifiques de notre maison trouveront
des références utiles pour leurs propres travaux.
Lyon se caractérise aussi par une très forte coopération entre la recherche et l’industrie : en chimie – encore – les
accords sont étroits et fort anciens entre les chercheurs du CNRS et de l’université et le monde de l’industrie : Mérieux,
Rhodia, Total, Snecma, EDF, SNCF… pour ne citer que quelques-unes des entreprises qui parrainent des doctorants,
accueillent des chercheurs, s’attaquent avec nos équipes aux nouveaux défis que doit affronter la société, par exemple
en matière d’environnement, développement des brevets en commun avec les laboratoires CNRS/Enseignement
supérieur. Car à Lyon, soulignons-le, à côté de l’étroite collaboration entre la recherche publique et l’entreprise, la
symbiose CNRS/Université a de tout temps été très forte. Cela explique probablement que Lyon ait été l’un des premiers
sites régionaux où le CNRS a voulu déconcentrer puis régionaliser son administration, sous l’impulsion notamment
de Pierre CREYSSEL, Lyonnais de souche, auquel nous rendons hommage dans ce numéro. Sur ce point particulier
de l’administration de la recherche, Bruno ANDRAL, François JUILLET (qui fut le premier chargé de mission à la
recherche nommé par la DGRST de 1972 à 1982), Guy BERTHOLON (premier délégué recherche et technologie
auprès du Préfet de région de 1984 à 1994) et Jacqueline BONNIFET donnent une rétrospective historique sur l’évolution
des structures encadrant et soutenant la recherche en région ; ceci permet de comprendre comment ce pôle si riche, si diversifié et de plus en plus complexe, a pu évoluer et s’adapter en permanence à l’évolution accélérée de
l’économie, de la société et de la science.
Chacune des contributions souligne enfin et surtout les relations fortes entre la recherche lyonnaise et la science
de pointe à l’échelle internationale. La « Capitale des Gaules » n’a rien d’un village gaulois, mais est pleinement
insérée dans le réseau des grandes métropoles scientifiques mondiales.
Edmond Arthur Lisle