Ce groupe d’îles norvégiennes de l’océan glacial
arctique est situé à environ 650 km de la côte septentrionale
de la Norvège. Sur une superficie voisine
de 65000 km2, habitent près de 3000 personnes
qui vivent essentiellement de la pêche et de
l’exploitation du charbon, encore active en 1997.
Il est à noter que, pendant la deuxième guerre
mondiale, la population a dû quitter la région
pour l’Angleterre afin d’échapper à l’extrême violence
des bombardements allemands.
Après les vols successifs entre Paris, Oslo, Tromsö et
Longyearbeen, le groupe de 11 personnes s’installe à
Ny Alesund, camp de base des tentes et lieu habité le
plus au nord du monde. La découverte de l’Arctique
se déroule sur trois camps itinérants successifs, sous la
formes d’étapes d’environ 10 kms chacune, tour à
tour en kayak biplace et en randonnée pédestre. Plus
de 300 photographies pittoresques, accompagnées de
la cartographie correspondante, nous ont permis de
suivre l’itinéraire et ont témoigné de l’émerveillement
face à de telles splendeurs naturelles telles les fleurs aux
couleurs vives (silène acaule, pavot arctique, cassiopée,
saxifrages…), les arbustes arctiques (saules, bouleaux…),
les millions d’oiseaux (oies bernaches,
guillemots, pétrels fulmars, macareux, eiders, goélands,
mouettes ivoire, sternes et labbes agressifs et
migrateurs infatigables...) et les rares animaux visibles
comme les phoques et les rennes.
La variété et les dimensions des montagnes arides
et caillouteuses, l’importance des glaciers et des
fronts glaciaires semblent réduire la taille de
l’homme et l’exclure de ce milieu naturel vierge et
hostile. Le site grandiose de la Baie du roi reste un
lieu d’études pour le recul contemporain des glaciers,
dû au réchauffement climatique de la planète.
Ainsi, sur le retour vers Ny Alesund, le groupe
a rencontré une équipe CNRS à la station Jean
Corbel avec laquelle des échanges fructueux ont
pu avoir lieu.
A juste titre, la Norvège veille particulièrement à la
préservation de cette réserve naturelle remarquable
et impose notamment la seule utilisation de bois
(flottant depuis la Sibérie poussé par les vents)
pour la cuisson des aliments lyophilisés perçus au
camp de base. En dehors d’une tempête de grésil,
très bruyant sous la tente pendant une nuit, les
conditions climatiques furent très acceptables.
B. Maudinas et G. Picquard
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