Rome. Ce début d’après midi du 10 mai nous débarquions à l’aéroport de Rome Fiumicino où Cinthia, notre guide, nous attendait prête à nous distiller ses connaissances tout le long de notre séjour à Rome. Le programme du groupe A3 Rayonnement du CNRS concernant la visite de Rome et Venise pouvait se dérouler en commençant le lendemain par Ostie. On appréciait particulièrement à Rome l’hôtel des religieuses à cause de l’accueil, du charme de son jardin en plein centre ville, avec les azalées encore en fleur et les grands arbres poussant au premier étage.
Ostie, port de la Rome impériale a le mérite d’être resté en ruines et de n’être jamais reconstruite, ce qui permet de mieux connaître la vie de l’époque antique. On remarque les conduites d’eau car la ville avait l’eau courante. Autour de la place centrale et pas loin du théâtre on devine l’emplacement des bureaux des armateurs (magnifiques mosaïques), pas loin de là on admire les vestiges des « insulae » (maisons à étages), puis les bars, la boulangerie, la blanchisserie, les toilettes publiques…
Le Vatican. Toute une journée est consacrée au Vatican, en commençant par le Musée. Là, ce que nous avons préféré ce sont les appartements papaux, admirablement décorés avec les peintures de Raphaël et la chapelle Sixtine dont le plafond et le panneau central (récemment restauré) sont peints par Michel Ange. Dans la Basilique, nous avons admiré particulièrement La Pietà de Michel Ange, les mosaïques décorant les hôtels, le monument d’Alexandre VII, dernière œuvre de Bernin et le maître hôtel avec le magnifique baldaquin de Bernin. Les Catacombes de Saint Calixte font partie de l’état du Vatican. Il s’agissait des anciennes carrières. Un peu partout des niches creusées dans le roc, puis des chapelles, ornées de stuc. De la Basilique de Saint Paul hors les murs nous avons aimé la forée de colonnes et l’arc de triomphe qui domine la nef, orné de mosaïques remontant au Ve siècle.
Comme autres musées nous avons visité la villa Borghèse et la Centrale Montemartini. Du premier nous avons apprécié ses sculptures baroques et ses tableaux. Parmi les premières, les sculptures de Bernin qui ne figurent pas dans la place publique dont le David, l’Apollon et Daphné, le Rapt de Proserpine et celle de Pauline due à Canova. Parmi les peintures celles de Caravage et les tableaux de Raphaël dont La Femme à la Licorne et surtout le chef-d’œuvre du Titien : l’Amour sacré et l’Amour profane. La Centrale Montemartini est l’ancienne usine d’électricité thermique de Rome transformée en musée récemment devenant à la fois le musée de l’Archéo–Industrie et de l’Archéo–Classique.
Une journée entière fut consacrée à la visite de la Villa d’Hadrien et la Villa d’Este. La première avec les vestiges de son grand quadriportique, ses thermes et sa grande salle circulaire à double paroi, avec marbre sur les murs et mosaïques sur les sols et surtout le Serapeum avec la nymphée à exèdre, et son grand miroir d’eau, inspirée du sanctuaire au dieu Sérapis en Egypte, pays dont l’empereur était admirateur. La Villa d’Este (XVIe siècle) nous a plu particulièrement à cause de ses jardins en terrasses et ses fontaines dont la fontaine de l’Orgue du français Claude Vénard, la fontaine du Bicchierone et de la Rometta.
Venise. Partis à 11 heures de Rome le 16 mai en Eurostar, c’est la récréation entre les deux villes dans ce train rapide, avec l’évolution des paysages printaniers de la belle campagne italienne et le déjeuner en deux groupes au wagon restaurant. A 16 h, arrivés à Venise, nous sommes accueillis sur les quais par Olga, guide local, puis nous partons vers le Lido pour rejoindre l’hôtel. Le trajet est aussi une visite panoramique du site de Venise. Sur les quais du Lido on contemple les allées et venues des « vaporettos », moyen de transport très pratique pour aller à Venise que l’on aperçoit au loin dans une vision féerique au coucher de soleil. Le parcours du cœur de Venise s’effectue le lendemain avec Milà, notre guide de la ville. On commence par la Piazzetta, sorte de « salle à ciel ouvert » enserrée entre la façade du Palais des Doges et celle de la Bibliothèque, composant une longue perspective avec la lagune pour toile de fond. En bout de place, deux colonnes massives (XIIe siècle) de granit rouge et gris d’Egypte, encadrent l’entrée par la mer. La Bibliothèque (XVIe siècle) est de style romain. A l’autre bout, la « Loggetta », autrefois salle de garde du Palais. Le Campanile (haut de 96m.) connu sous le nom de « Maître de Maison », est copie de celui du XIe siècle. Il domine la place Saint Marc, place d’une unité architecturale incomparable, où se trouvent la Basilique de Saint Marc (XIIIe siècle) les longs bâtiments des Procureurs (sorte de ministères) construits au XVIe siècle et le palais de Napoléon. Sur la place, les terrasses de plusieurs cafés du XVIIIe siècle, dont le Florian. Un dédale de rues étroites nous mène au Rialto, seul trait d’union entre les deux rives jusqu’au XIXe siècle. A l’autre rive, l’église et la « Squola Grande di San Rocco » contenant des tableaux du Tintoret, puis l’église « dei Frari ». Santa Maria Gloriosa dei Frari qui contient des tableaux de Titien (l’Assomption) et des triptyques de Vivarini et de Bellini. Notre visite se termine au musée de l’Accademia de Venise où se trouvent les grandes toiles : « Procession sur la place Saint Marc » de Bellini et « Miracle de la sainte Croix au pont Rialto » et « L’adieu des fiancés » de Carpaccio, ainsi que des nombreux tableaux d’autres grands peintres italiens dont Lorenzo Lotto, Véronèse, Titien, Tintoret et Tiepolo.
La visite du Palais des Doges (XIV-XVe siècle) va nous occuper la matinée du troisième jour. On remarque à l’entrée la Porta della Carta, puis on admire les salons de l’intérieur décorés de magnifiques peintures à la gloire de la république vénitienne. Parmi les peintres citons Carpaccio, Vincentino, Titien, Tiepolo, Tintoret, Véronèse et Palma le Jeune, les trois derniers ayant décoré la majestueuse salle du Grand Conseil où se déroulaient les assemblées des plus importants organismes législatifs de l’Etat. Et finalement, courte visite des « plombs », les prisons du palais avec passage sur le pont des soupirs.
On retrouve Olga le dernier jour pour la visite des îles de la lagune. A Murano, l’île du travail du verre (remontant à la fin du XIIIe siècle) on visite la verrerie Ducale, où on a une démonstration du savoir faire. Après la visite, départ pour Torcello. Cette île autrefois très peuplée (depuis le Haut Moyen Age), est aujourd’hui déserte. On visite l’ancienne cathédrale Santa Maria Assunta (VIIe siècle) avec ses lumineuses mosaïques de l’abside (école de Ravena). A Burano on se promène au milieu d’un habitat spécifique dominé par le campanile incliné de l’église de San Martino Vescovo. Nul palais imposant ici, mais le décor uniforme de maisons aux façades de couleurs vives, ayant sensiblement la même hauteur (un ou deux étages maximum). On trouve des petits groupes bavardant ou brodant sur les pas des portes. Tout au long de la rue principale et la place, des boutiques de « merletto » (dentelle). On admire et on fait des emplettes. Le lendemain sera le retour ver Paris.
Conclusion de ce court séjour au pas de course dans ces deux célèbres cités d’Italie que nous avons pu mieux connaître et où nous avons attrapé l’envie d’approfondir nos connaissances. Au revoir et espérons à bientôt et pourquoi pas à la même époque, lorsque les azalées fleurissent...
Laurent Cairo
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