Notre Association vient de perdre un de ses administrateurs, Pierre Potier. Tout le CNRS connaissait ce grand chimiste,
Médaille d’Or de notre maison en 1998. Très connues des spécialistes mais moins connues peut-être du
grand public, ses découvertes de deux molécules utilisées dans le traitement du cancer, la navelbine et le taxotère
qui rapportent des royalties importantes au CNRS. Pierre Potier travaillait à un nouveau traitement contre le diabète,
affliction plus répandue que le sida mais suscitant moins d’efforts pour la combattre. Ces exemples illustrent
la démarche du chercheur qu’était Pierre Potier. Pour lui, pas de distinction entre science fondamentale et science
appliquée : toute recherche doit être orientée au service de l’homme et viser à améliorer sa condition, en luttant
contre la maladie, la faim, la pauvreté, l’ignorance.
Au cours de sa carrière, de 1994 à 1996, il fut Directeur général de la recherche et de la technologie au
Ministère de l’éducation nationale. Il y acquit une connaissance et une compétence hors pair sur l’organisation
de la recherche en France, ses liens avec l’enseignement supérieur et avec l’industrie. Dans le N° Hors Série de
notre Bulletin intitulé «La Mémoire du CNRS» d’octobre 1994 - contribution de notre Association au grand
débat national sur la recherche - Pierre Potier avait fourni des extraits d’un rapport qu’il avait rédigé en juin
1994 et qu’il avait intitulé pour nous «Quelques réflexions sur le CNRS». Ce texte restait actuel en 2004 et le
reste encore aujourd’hui : il témoigne de la clarté de l’analyse de l’auteur, de sa rigueur dans le diagnostic, de
la pertinence des solutions préconisées.
Pierre Potier s’était vu décerner de très hautes distinctions scientifiques, françaises et étrangères : il pouvait prétendre
à de plus hautes encore ; il avait fait des découvertes majeures : il en préparait d’autres ; il a occupé
de très hautes fonctions administratives : il aurait pu en occuper de plus élevées. Avant tout c’était une personnalité,
riche, généreuse, enthousiaste; d’un esprit et d’un humour souvent décapant. Il avait une passion
pour la science et ne ménageait pas son engagement au service des causes qui servent l’humanité.
Nous perdons un scientifique exemplaire, un collègue, un ami. Notre Association exprime à sa famille et à ses
proches notre très profonde sympathie et nos plus vives condoléances. Il reste auprès de nous très présent
par tout ce qu’il a fait et l’exemple de vie de chercheur qu’il nous a donné.
Edmond Lisle
Président
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