Editorial : le développement durable
Bulletin n° 34 - mars 2003
Si la terre était de la taille d’un village de 1000 habitants...
Un petit tiers du territoire seulement serait formé de terres émergées.
Les 2/3 du territoire seraient recouverts d'eau, mais 97,5% du volume serait constitué d'un lac
salé et 2,5% emprisonné dans les glaces.
L'eau douce, enfouie dans les sous-sols et courant dans les rivières, ne représenterait que 0,07%
de la quantité d'eau totale.
La moitié seulement des habitants serait immunisée contre des maladies infectieuses comme la
tuberculose ou la malaria. Les autres seraient condamnés à mourir faute de soins.
En 2004, 21 bébés naîtraient et 9 personnes disparaîtraient dont une du cancer et trois de malnutrition
dont deux nouveau-nés de moins d'un an.
Avec le passage à 1 012 habitants en 2004, 1 130 en 2025 et 1 500 en 2 050, une pénurie d'eau
serait, à terme, à craindre.
700 personnes seraient mal logées, 14 souffriraient de malnutrition (avec moins de 2 600 calories
par jour), 260 manqueraient d'eau et 200 ne sauraient pas lire.
Les 270 villageois les mieux nourris posséderaient 40 % des cultures, 83% des engrais et produiraient
les trois-quarts des aliments. L'excès des fertilisants gagnerait toutes les terres, polluant
chaque jour un peu les sources, les rivières et le lac salé...
200 habitants percevraient les trois-quarts des revenus et 200 autres n'auraient droit qu'à un
pour cent.
70 habitants auraient une ou plusieurs automobiles ; 330 n'auraient même pas accès à l'électricité.
Le taux de CO2 aurait grimpé de 30% en un siècle.
Penser globalement...
C’est à partir de ce type de constat qu’à Rio de Janeiro, en 1992, 173 Etats, dont ceux qui constituent l’Union
européenne, ont souhaité prendre le chemin du développement durable comme le décrit Bertrand Zuindeau,
afin de garder la maîtrise du devenir de ce «village planétaire». Ils ont adopté «l’Agenda 21» qui constitue un
véritable plan d’action mondial de développement durable pour le XXIe siècle. 15 principes d’action pour le
développement durable sont déclinés de cet Agenda 21, mais le 6e principe concerne tout particulièrement les
chercheurs. Il les encourage à l’approfondissement des connaissances, l’identification des chaînes causales et
l’éclaircissement du champ des responsabilités. Tous ne sont pas d’accord pour prendre le chemin du développement
même durable car ils pensent, comme Emile Vivier, que développement égale croissance et que l’état
des ressources de la planète ne permet déjà plus de penser «croissance».
… agir localement.
Le développement durable s'invente au quotidien, et relève autant d'un engagement collectif que de la
responsabilité individuelle. C’est à l'ensemble des personnes de bonne volonté d'en assurer le devenir en
faisant preuve d'imagination créatrice et en favorisant l'innovation et la participation de tous. Le label
HQE entre dans cette logique.
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