Andalousie, du 10 au 17 mai 2005

Mardi 10 mai : L’Andalousie était une des destinations qui avaient été réclamées, à juste titre, car cette province de l’Espagne dispose de plusieurs sites de première importance inscrits au patrimoine de l’humanité. A l’aéroport de Séville, notre guide Antonia nous accueille et nous installe dans un hôtel, très confortable mais situé près du Palais des Congrès, à 11 km du centre. On annonce, chose très exceptionnelle, de la pluie pour le lendemain et elle nous propose, en option payante, une visite après dîner de Séville illuminée.

Une grande partie du groupe participe à cette visite que nous n’avons pas regrettée car nous avons pu admirer d’une manière très différente les monuments que notre guide local sévillan nous a commentés le lendemain. La gigantesque et très originale place d’Espagne avec ses représentations en azulejos des 56 provinces d’Espagne était vraiment magique avec cet éclairage. Nous avons pu admirer la cathédrale illuminée avec son célèbre clocher Giralda, le pont romain enjambant le fleuve Gualdaquivir et nous promener dans les ruelles de Santa-Cruz avec ses patios fleuris.

Mercredi 11 mai : toujours à Séville, nous visitons la cathédrale construite à partir de 1420 sur l’emplacement de la grande mosquée dont subsiste seul le minaret. Au XVIe siècle, l’architecte cordouan Hernan Ruiz lui conféra son aspect actuel de clocher en le surmontant de la chambre des cloches et de quatre corps supérieurs couronnés par une énorme statue symbolisant la foi et faisant office de girouette. Tirant son nom de ce fait, la Giralda est le symbole de Séville.

A l’intérieur de cette majestueuse cathédrale, nous sommes particulièrement impressionnés par l’immense retable flamand qui orne la Capilla Mayor fermée par de splendides grilles plateresques. Haut de 20 mètres, il est orné de milliers de statues qui donnent l’impression de grandir avec l’éloignement. Nous admirons également le tombeau de Christophe Colomb.

Nous pénétrons ensuite dans le Palais de l’Alcazar dont la construction a débuté en 844 sous le règne d’Abd-Al-Rahman II et qui est une synthèse de l’architecture arabo-andalouse. Le roi y séjourne lorsqu’il est à Séville et alors la visite n’en est pas possible. Heureusement, il n’a pas choisi la même date que nous.

Nous admirons le patio des demoiselles du Palais de Pierre le Cruel, les salons de Charles Quint et de charmants jardins en terrasses où, comme à l’habitude, l’eau occupe une place de choix.

Une nouvelle promenade, de jour cette fois, nous permet d’admirer la magnifique floraison violette des jacarandas et les délicats patios fleuris des ruelles du quartier de Santa Cruz.

Dans l’après midi, nous visitons le musée des Beaux-Arts qui renferme de magnifiques collections de peintures espagnoles du Moyen Âge au XXe siècle. Nous admirons en particulier celles du XVIIe dit le Siècle d’Or avec les oeuvres de Murillo et Zurbaran.

Incontournable à Séville mais toujours enchanteur, nous assistons ensuite à un spectacle de danses et chants flamenco.

Jeudi 12 mai : orage et pluie nous accompagnent sur notre route vers Jerez. Dommage, car les éléments déchaînés vont nous priver de l’entraînement, en plein air, des chevaux andalous de la célèbre école royale d’art équestre. Nous nous consolons en dégustant les divers «Xérès» d’une cave dont nous visitons les chais imposants.

Nous déjeunons à Cadix fondée par Hercule, il y a 3000 ans, sur un rocher rattaché au continent par une mince bande de terre. Après un tour panoramique de cette ville étrange et une promenade en bord de mer, nous nous dirigeons vers Ronda.

Vendredi 13 mai : à Ronda, notre hôtel est magnifiquement situé en bordure d’un à-pic vertigineux. Adossée à un rocher de 723 mètres, c’est une forteresse naturelle tranchée en deux par le Tajo, entaille de plus de cent mètres au fond de laquelle coule le Rio Guadalevin. Nous y visitons une des arènes les plus anciennes et monumentales d’Espagne et le musée fort intéressant de la tauromachie.

Sur notre route vers Grenade, nous nous arrêtons à Migas, un des villages blancs andalous les plus typiques qui nous offre une vue panoramique sur le littoral méditerranéen.

Nous parvenons à Marbella, station balnéaire favorite de la jet-set avec ses magnifiques résidences dont celle d’un émir qui y a fait édifier une réplique de la Maison Blanche et une mosquée ! Un tour de ville pédestre nous conduit près de la mer à un large espace où sont exposées des reproductions des principales sculptures de Dali.

Puis, depuis les remparts de sa forteresse édifiée au XIVe siècle, nous découvrons la grande ville portuaire de Malaga, capitale d’une région célèbre par ses vins doux.

Samedi 14 mai : nous voici à Grenade bâtie sur trois collines. Son joyau artistique est le palais «Calat Alhambra» qui signifie château rouge. Il est universellement considéré comme l’un des plus beaux palais arabes et le seul resté intact.

Les palais nasrides du XIVe siècle en constituent le noyau distribué autour de trois cours : Chambre dorée, Myrtes et Lions. Les décors intérieurs sont d’une richesse, d’une variété et d’une originalité inouïes. La merveilleuse coupole du salon des Ambassadeurs de la Cour des Myrtes compte plus de 8000 pièces de bois de différentes teintes et représente les sept cieux du Coran.

Le palais de Charles Quint construit en 1526 par l’empereur autour d’une vaste cour circulaire à deux étages de galeries, est du plus pur classicisme.

Nous parcourons les célèbres jardins en terrasse du Généralife embaumés par les roses avec leur célèbre «escalier d’eau» et leur «patio de la Acequia» dont l’étroit bassin en longueur est agrémenté de jets d’eau. Tant de beauté et de fraîcheur nous incitent à nous y attarder.

A la cathédrale, nous admirons spécialement la chapelle royale construite de 1506 à 1521 par les rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon dont l’union, ainsi que la fin de la reconquête sur les arabes allaient jeter les bases de l’Etat espagnol des temps modernes. Une spectaculaire grille de Bartolomé de Jaén en ferme le transept. Les deux mausolées doubles de marbre blanc des rois catholiques, de leur fille Jeanne la Folle et de son époux Philippe le Beau s’y trouvent. Notre guide nous fait remarquer que le coussin de marbre soutenant la tête d’Isabelle est plus affaissé que le coussin de Ferdinand, ce qui semble marquer que la tête pensante du couple était Isabelle.

Le musée nous permet d’admirer des oeuvres de Memling et de Botticelli.

La promenade dans le quartier gitan de l’Albaïcin nous révèle un nouveau charme de Grenade avec ses ruelles escarpées, ses maisons blanches et ses jardins abondamment fleuris.

Dimanche 15 mai : nous voici partis pour Jaén, capitale provinciale au royaume de l’olivier. Toute la journée de route jusqu’à Cordoue, nous contemplerons, impeccablement alignés à perte de vue sur tous les reliefs, des rangées d’oliviers. Il y en a, dans cette province, 215 millions qui produisent, à partir de 32 genres d’olives récoltées par aspiration ou à la main, une huile renommée dont nous nous empresserons d’acquérir un échantillon. Malheureusement, aux alentours de Cordoue, un gel sévère a frappé l’an dernier des centaines d’hectares et les rangées toujours impeccables n’offrent pour le moment, à nos yeux désolés, que des arbres desséchés qui mettront plusieurs années à se reconstituer s’ils y parviennent.

Après la visite de Baeza et Ubeda, deux localités offrant les ensembles urbains Renaissance les plus remarquables d’Espagne, nous nous installons à l’hôtel à Cordoue.

Après un dîner de «tapas» typique dans un restaurant qui l’était moins, nous nous promenons dans l’ancien quartier juif, «la juderia» aux ruelles blanches et aux murs fleuris, et admirons le pont romain enjambant le Guadalquivir.

Lundi 16 mai : Cordoue, patrie de Sénèque, héritière de la tradition grecque et capitale de l’Espagne musulmane étendit son empire spirituel de Rome à l’Afrique. En entrant par la porte des Palmes de son extraordinaire mosquée, nous sommes surpris par le spectacle de cette forêt de 850 colonnes et d’arcs. Ceux-ci en fer à cheval d’inspiration wisigothique sont formés de claveaux alternativement blancs (pierre) et rouges (brique). Cette bichromie est rehaussée par la tonalité grise et rose des fûts des colonnes. Le rôle de la lumière est déterminant : elle adoucit les tonalités et crée une atmosphère irréelle et fascinante.

Nichée au milieu, la cathédrale chrétienne, érigée le long de la cour des Orangers au prix de la destruction de quelques colonnes, offre sa richesse des styles des XVIe et XVIIe siècles. Malgré cela, Charles Quint lorsqu’il la vit s’exclama : «Vous avez détruit ce que l’on ne voit nulle part pour construire ce que l’on voit partout».

Mardi 17 mai : de Séville, nous rentrons éblouis de notre visite de l’Andalousie qui est une province d’Espagne apparemment prospère alors qu’elle en était précédemment la partie pauvre.

Solange Dupont

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